La douleur au genou liée à l'arthrose constitue le symptôme cardinal de la gonarthrose. Touchant environ 10 millions de Français, cette douleur articulaire chronique impacte considérablement la qualité de vie et la mobilité. Comprendre ses mécanismes permet de mieux la prendre en charge.
Comment se manifeste la douleur arthrosique du genou ?
La douleur de la gonarthrose possède des caractéristiques bien identifiées qui la distinguent des autres types de gonalgie :
Une douleur mécanique typique
- Déclenchée par l'activité physique : marche, escaliers, station debout prolongée
- Soulagée par le repos : diminue lorsqu'on décharge l'articulation
- Dérouillage matinal court : raideur de quelques minutes au lever, contrairement aux arthrites inflammatoires (> 30 min)
- Recrudescence en fin de journée : après les activités accumulées
- Influence météorologique : aggravation par temps froid et humide
Localisation de la douleur selon le compartiment touché
- Face interne du genou : gonarthrose fémoro-tibiale interne (la plus fréquente)
- Face antérieure, autour de la rotule : gonarthrose fémoro-patellaire
- Face externe du genou : gonarthrose fémoro-tibiale externe (plus rare)
- Douleur diffuse : gonarthrose tricompartimentale
Mécanismes de la douleur dans l'arthrose
Contrairement à une idée reçue, le cartilage lui-même ne contient pas de nerfs et ne peut donc pas être directement douloureux. La douleur provient de plusieurs structures :
- L'os sous-chondral : la mise à nu de l'os déclenche des micro-fractures douloureuses
- La membrane synoviale : l'inflammation synoviale (synovite) produit des douleurs et un gonflement du genou
- Les ostéophytes : ces excroissances osseuses irritent les tissus environnants
- Les structures périarticulaires : capsule, ligaments, tendons mis en tension par les déformations
- La sensibilisation centrale : le système nerveux amplifie les signaux douloureux au fil du temps
Facteurs aggravant la douleur
- Surpoids : chaque kg en excès augmente la charge sur le genou de 3 à 5 kg à la marche
- Sédentarité : l'immobilité affaiblit les muscles protecteurs et raidit l'articulation
- Activités à fort impact : course, sauts, sports de pivot
- Port de charges lourdes
- Position prolongée accroupie ou à genoux
- Stress et anxiété : abaissent le seuil de tolérance à la douleur
Les crises douloureuses (poussées inflammatoires)
L'arthrose évolue par poussées. Les crises d'arthrose du genou se caractérisent par :
- Une douleur plus intense, pouvant devenir permanente
- Un gonflement articulaire par épanchement de synovie
- Une chaleur locale
- Une limitation accrue de la mobilité
Ces poussées durent habituellement de quelques jours à quelques semaines et nécessitent une adaptation du traitement.
Comment soulager la douleur arthrosique du genou ?
Mesures non médicamenteuses (à privilégier)
- Application de froid : poches de glace 15-20 min, 3-4 fois par jour lors des poussées
- Exercices adaptés : renforcement du quadriceps, étirements, proprioception
- Activité physique douce : vélo, natation, marche modérée
- Perte de poids : même 5 % de perte de poids améliore significativement la douleur
- Port d'une genouillère : soutien et proprioception
Traitements médicamenteux
- Paracétamol : jusqu'à 3 g/jour, efficacité modeste mais bonne tolérance
- Topiques anti-inflammatoires : gels d'AINS, bonne efficacité locale avec moins d'effets systémiques
- AINS par voie orale : ibuprofène, kétoprofène — en cures courtes lors des poussées
- Capsaïcine topique : alternative intéressante pour les douleurs chroniques
Infiltrations
Les infiltrations du genou sont proposées en cas de douleur résistante :
- Corticoïdes : effet anti-inflammatoire rapide mais temporaire (quelques semaines)
- Acide hyaluronique : viscosupplémentation, effet plus durable (6-12 mois)
Approches complémentaires
- Remèdes naturels : curcuma, harpagophytum, oméga-3
- Alimentation anti-inflammatoire : réduction de la composante inflammatoire
- Approches naturelles : thermothérapie, acupuncture, balnéothérapie
Quand envisager la chirurgie ?
La chirurgie est réservée aux cas de douleur invalidante résistant au traitement médical bien conduit :
- Ostéotomie : pour les patients jeunes avec désaxation
- Prothèse unicompartimentale : arthrose limitée à un compartiment
- Prothèse totale : gonarthrose évoluée invalidante
Pour en savoir plus sur la conduite à tenir, consultez notre article arthrose du genou : que faire ?