Infiltration du genou pour arthrose : guide complet

Infiltration du genou pour arthrose : guide complet

Dr. Gonarthrose.fr 16 mars 2026 4 min de lecture Traitements médicaux
Sommaire

L'infiltration du genou est un traitement de référence de la gonarthrose résistant au traitement médical habituel. Elle consiste à injecter un médicament directement dans l'articulation pour soulager la douleur et réduire l'inflammation. Plusieurs types de produits sont utilisés selon la situation clinique.

Les différents types d'infiltration du genou

1. Infiltration de corticoïdes

L'injection intra-articulaire de corticoïdes (cortisone) est le traitement de choix des poussées inflammatoires de gonarthrose.

  • Produits utilisés : cortivazol (Altim®), bétaméthasone (Diprostène®), triamcinolone (Hexatrione®)
  • Mécanisme : puissant effet anti-inflammatoire local
  • Délai d'action : 24 à 72 heures
  • Durée d'effet : 3 à 8 semaines en moyenne
  • Fréquence : maximum 3 à 4 infiltrations par an dans la même articulation

2. Viscosupplémentation (acide hyaluronique)

L'injection d'acide hyaluronique vise à restaurer les propriétés mécaniques du liquide synovial appauvri par l'arthrose.

  • Produits utilisés : Synvisc®, Durolane®, Ostenil®, Sinovial®
  • Mécanisme : lubrification et amortissement de l'articulation
  • Protocole : 1 à 3 injections selon le produit (espacées d'une semaine)
  • Délai d'action : 2 à 6 semaines après la dernière injection
  • Durée d'effet : 6 à 12 mois

3. Injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes)

Le PRP fait partie des nouveaux traitements de l'arthrose. Le sang du patient est centrifugé pour concentrer les plaquettes et leurs facteurs de croissance.

  • Mécanisme : stimulation de la régénération tissulaire et effet anti-inflammatoire
  • Protocole : 1 à 3 injections espacées de 2-3 semaines
  • Non remboursé par la Sécurité sociale (300-500 € par injection)
  • Résultats prometteurs mais études encore en cours

Déroulement d'une infiltration

L'infiltration est un geste simple réalisé en consultation :

  1. Asepsie stricte : désinfection soigneuse de la peau
  2. Repérage anatomique : le médecin identifie le point d'injection (voie latérale ou antéro-latérale le plus souvent)
  3. Ponction articulaire préalable : si un épanchement est présent, le liquide est évacué avant l'injection
  4. Injection du produit : introduction de l'aiguille et injection lente
  5. Repos relatif : éviter les efforts intenses pendant 24-48 heures

Le geste est peu douloureux (sensation de piqûre brève). Certains praticiens utilisent un guidage échographique pour plus de précision.

Quand proposer une infiltration ?

L'infiltration est indiquée lorsque :

  • Les anti-inflammatoires oraux et les topiques ne suffisent pas
  • Une crise d'arthrose ne répond pas au traitement habituel
  • Un épanchement articulaire récurrent nécessite des ponctions
  • La douleur limite significativement les activités quotidiennes
  • Le patient souhaite retarder ou n'est pas candidat à la chirurgie

Corticoïdes ou acide hyaluronique ?

  • Corticoïdes : en priorité lors des poussées inflammatoires aiguës (genou gonflé, chaud, douloureux). Action rapide mais courte.
  • Acide hyaluronique : pour l'arthrose modérée sans poussée inflammatoire majeure. Action plus lente mais plus durable.
  • En pratique : souvent corticoïdes d'abord pour calmer la poussée, puis acide hyaluronique en traitement de fond

Efficacité des infiltrations

Les résultats dépendent du type d'infiltration et du stade d'arthrose :

  • Corticoïdes : efficacité à court terme bien démontrée (70-80 % de soulagement), mais effet temporaire
  • Acide hyaluronique : efficacité modérée mais prolongée, meilleure dans les stades 2-3 de Kellgren-Lawrence
  • PRP : résultats supérieurs à l'acide hyaluronique dans certaines études récentes

L'efficacité diminue avec la sévérité de l'arthrose. Au stade 4 (os sur os), les infiltrations apportent un bénéfice limité.

Effets secondaires et précautions

Risques communs à toutes les infiltrations

  • Infection articulaire (arthrite septique) : risque très rare (1/20 000 à 1/50 000) mais grave — asepsie rigoureuse indispensable
  • Douleur post-injection : gêne pendant 24-48 heures, normale
  • Réaction inflammatoire transitoire : gonflement bref (« flare »)

Risques spécifiques aux corticoïdes

  • Atrophie cartilagineuse si infiltrations trop répétées
  • Déséquilibre glycémique chez les diabétiques
  • Flush facial transitoire

Contre-indications

  • Infection cutanée au point d'injection
  • Arthrite septique en cours
  • Trouble majeur de la coagulation
  • Allergie connue au produit

Les infiltrations s'inscrivent dans une prise en charge globale incluant exercices, gestion du poids et alimentation adaptée. Elles ne remplacent pas ces mesures fondamentales.

Avertissement médical

Les informations fournies sur ce site sont destinées à améliorer la compréhension des pathologies du genou et ne sauraient se substituer à un avis médical professionnel. Consultez votre médecin pour tout diagnostic ou traitement.

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