Les anti-inflammatoires sont les médicaments les plus utilisés pour soulager la douleur de la gonarthrose. Disponibles sous forme orale, topique ou injectable, ils permettent de contrôler la douleur et l'inflammation lors des poussées d'arthrose du genou.
Les différentes classes d'anti-inflammatoires
Paracétamol (antalgique de première intention)
Bien qu'il ne soit pas un anti-inflammatoire à proprement parler, le paracétamol reste recommandé en première ligne :
- Posologie : 500 mg à 1 g, 3 fois par jour (maximum 3 g/jour)
- Avantages : bonne tolérance, peu d'effets secondaires, disponible sans ordonnance
- Limites : efficacité modeste dans l'arthrose, ne traite pas l'inflammation
- Précautions : hépatotoxicité en cas de surdosage, attention à l'alcool
AINS par voie orale (anti-inflammatoires non stéroïdiens)
Les AINS sont les anti-inflammatoires de référence lors des poussées douloureuses :
- Ibuprofène (Advil®, Nurofen®) : 200-400 mg, 3 fois/jour
- Kétoprofène (Profénid®, Bi-Profénid®) : 50-100 mg, 2-3 fois/jour
- Naproxène (Naprosyne®) : 500 mg, 2 fois/jour
- Diclofénac (Voltarène®) : 50 mg, 2-3 fois/jour
- Célécoxib (Celebrex®) : 200 mg/jour — inhibiteur sélectif COX-2, meilleure tolérance digestive
AINS topiques (en gel ou crème)
Les anti-inflammatoires topiques sont recommandés en première intention par les sociétés savantes :
- Diclofénac gel (Voltarène Emulgel®) : 2-4 applications/jour
- Kétoprofène gel (Ketum®) : 2 applications/jour
- Avantages : action locale, très peu d'effets systémiques
- Efficacité : comparable aux AINS oraux pour le genou (articulation superficielle)
Recommandations de prescription
Les recommandations actuelles (OARSI, EULAR, HAS) préconisent :
- Mesures non médicamenteuses d'abord : exercices, perte de poids
- AINS topiques + paracétamol en première intention médicamenteuse
- AINS oraux en cure courte (7-14 jours) si insuffisant
- Infiltrations si échec des traitements oraux
Effets secondaires des AINS
Les AINS par voie orale exposent à des effets indésirables significatifs :
Effets digestifs (les plus fréquents)
- Douleurs d'estomac, gastrite
- Ulcère gastro-duodénal (risque x 3-5)
- Hémorragie digestive
- Prévention : association d'un protecteur gastrique (IPP) chez les sujets à risque
Effets cardiovasculaires
- Augmentation du risque d'infarctus et d'AVC
- Rétention hydrosodée, aggravation de l'hypertension
- Précaution : à éviter chez les patients coronariens
Effets rénaux
- Insuffisance rénale fonctionnelle
- Rétention d'eau et de sel
- Précaution : surveillance chez les sujets âgés et les insuffisants rénaux
Précautions d'emploi
- Durée la plus courte possible : cures de 7-14 jours, pas de traitement continu
- Dose minimale efficace : commencer par la dose la plus faible
- Prise au milieu des repas pour limiter la toxicité digestive
- Éviter l'association de deux AINS
- Interactions médicamenteuses : anticoagulants, antihypertenseurs, lithium
Alternatives et compléments
Pour limiter la consommation d'anti-inflammatoires :
- Capsaïcine topique : alternative non AINS pour les douleurs chroniques
- Remèdes naturels : curcuma, harpagophytum, boswellia — effet anti-inflammatoire modéré
- Alimentation anti-inflammatoire : oméga-3 (poissons gras), fruits et légumes
- Application de froid : glaçage 15-20 min lors des poussées
- Genouillère : décharge mécanique de l'articulation
Pour en savoir plus sur les approches naturelles, consultez notre article sur comment soulager naturellement l'arthrose du genou.