La prothèse totale du genou (PTG) est l'intervention chirurgicale de référence pour les gonarthroses avancées résistant au traitement médical. Avec plus de 100 000 PTG posées par an en France, c'est l'une des chirurgies les plus pratiquées et les plus efficaces en orthopédie.
Qu'est-ce qu'une prothèse totale du genou ?
La PTG consiste à remplacer les surfaces articulaires usées du genou par des implants artificiels :
- Composant fémoral : en alliage métallique (chrome-cobalt), il recouvre l'extrémité inférieure du fémur
- Composant tibial : plateau métallique fixé sur le tibia, surmonté d'un insert en polyéthylène
- Insert en polyéthylène : pièce intermédiaire qui remplace le cartilage et les ménisques
- Bouton rotulien (optionnel) : petit implant en polyéthylène sur la face postérieure de la rotule
Indications de la PTG
La prothèse totale est envisagée lorsque :
- Douleur invalidante : retentissant sur les activités quotidiennes malgré un traitement bien conduit
- Stade radiographique avancé : pincement complet (stade 3-4) d'au moins un compartiment
- Échec du traitement médical : anti-inflammatoires, infiltrations, rééducation
- Atteinte pluri-compartimentale : gonarthrose tricompartimentale
- Âge généralement > 60 ans (mais pas de limite absolue)
PTG ou prothèse unicompartimentale ?
- La prothèse unicompartimentale (PUC) est préférée si l'arthrose est limitée à un seul compartiment avec ligaments intacts
- La PTG est indiquée si plusieurs compartiments sont touchés ou si les ligaments sont lésés
Déroulement de l'intervention
Avant l'opération
- Consultation d'anesthésie
- Bilan sanguin, radiographies pré-opératoires, pangonogramme
- Arrêt des anticoagulants et anti-inflammatoires selon les consignes
- Planification informatisée de la prothèse (taille, alignement)
L'intervention
- Durée : 1h à 1h30
- Anesthésie : rachianesthésie (le plus souvent) ou anesthésie générale
- Incision : voie antérieure, 15-20 cm
- Geste : résection des surfaces articulaires usées, pose des implants, vérification de la stabilité et de la mobilité
Après l'opération
- Hospitalisation : 3-5 jours (chirurgie ambulatoire parfois possible)
- Lever le jour même ou le lendemain (récupération améliorée après chirurgie — RAAC)
- Anticoagulants préventifs pendant 4-6 semaines
- Glace et antalgiques pour gérer la douleur postopératoire
Rééducation après PTG
La rééducation est essentielle au succès de l'intervention :
- J0-J1 : premier lever, marche avec déambulateur
- Semaines 1-6 : kinésithérapie quotidienne, récupération de la flexion (objectif 90°)
- Mois 2-3 : renforcement musculaire, marche sans aide
- Mois 3-6 : reprise progressive des activités, objectif de flexion 110-120°
- Résultat final : à 6-12 mois
Résultats et durée de vie
- Satisfaction : 85-90 % des patients sont satisfaits ou très satisfaits
- Douleur : disparition ou nette amélioration dans plus de 90 % des cas
- Mobilité : flexion moyenne de 110-120°
- Durée de vie : 95 % de survie à 15 ans, 80-85 % à 20-25 ans
- Reprise d'activité : marche, vélo, natation, golf — pas de sports de pivot ou d'impact
Complications possibles
- Infection (1-2 %) : complication la plus redoutée, nécessitant parfois un changement de prothèse
- Phlébite / embolie pulmonaire : prévenue par les anticoagulants
- Raideur : si la rééducation est insuffisante
- Descellement : à long terme, responsable de la révision de la prothèse
- Lésion nerveuse : rare, atteinte du nerf fibulaire commun
La PTG reste une intervention très fiable qui transforme la qualité de vie des patients souffrant de gonarthrose invalidante. La décision se prend conjointement entre le patient et le chirurgien, après échec des traitements conservateurs.