Les craquements du genou sont un motif fréquent d'inquiétude. Ces bruits articulaires, aussi appelés crépitations, peuvent survenir lors de la flexion, de la montée d'escaliers ou simplement en se levant d'une chaise. Si ces craquements sont souvent bénins, ils peuvent aussi être un signe de gonarthrose.
Pourquoi le genou craque-t-il ?
Les craquements articulaires ont plusieurs origines possibles, certaines bénignes, d'autres pathologiques.
Craquements bénins (cavitation)
Le craquement le plus courant est lié au phénomène de cavitation : lorsqu'on mobilise le genou, les variations de pression dans le liquide synovial entraînent la formation puis l'éclatement de bulles de gaz (principalement du dioxyde de carbone). Ce phénomène est :
- Totalement inoffensif
- Non douloureux
- Plus fréquent après une période d'immobilité
- Non reproductible immédiatement (il faut attendre 15-20 min)
Crépitations liées à l'arthrose
Dans la gonarthrose, les craquements ont une signification différente. Ils résultent :
- Du frottement des surfaces cartilagineuses altérées : le cartilage fissuré et irrégulier produit des crépitations fines
- Du frottement os contre os dans les stades avancés où le cartilage a disparu
- Du passage de corps étrangers (fragments de cartilage) dans l'articulation
- Du glissement des tendons sur les ostéophytes
Le signe du rabot
Le signe du rabot est un craquement caractéristique recherché à l'examen clinique. Il correspond à une sensation rugueuse perçue par le médecin lorsqu'il mobilise la rotule sur le fémur. Ce signe évoque une atteinte du cartilage de la rotule (gonarthrose fémoro-patellaire).
Caractéristiques des craquements arthrosiques
Les crépitations liées à l'arthrose se distinguent des craquements bénins par plusieurs aspects :
- Reproductibles : se produisent à chaque mouvement, pas seulement de façon intermittente
- Souvent accompagnés de douleur : douleur du genou à la mobilisation
- Sensation de frottement : crépitation fine continue plutôt qu'un « pop » unique
- Aggravation progressive : les craquements augmentent avec l'évolution de l'arthrose
- Associés à d'autres symptômes : raideur, gonflement, diminution de la mobilité
Craquements et stades de la gonarthrose
L'intensité et la fréquence des craquements évoluent avec les stades de l'arthrose :
- Stade 1 (débutant) : craquements occasionnels, souvent indolores
- Stade 2 (modéré) : crépitations plus fréquentes, parfois douloureuses
- Stade 3 (avancé) : craquements constants et douloureux
- Stade 4 (sévère) : frottement osseux perceptible, blocages possibles
Diagnostic : quand s'inquiéter ?
Les craquements du genou nécessitent une consultation médicale lorsqu'ils sont :
- Douloureux : associés à une gonalgie persistante
- Accompagnés d'un gonflement du genou
- Associés à une sensation de blocage ou d'instabilité
- De plus en plus fréquents et intenses
- Survenus après un traumatisme
Le médecin pourra prescrire une radiographie pour rechercher des signes d'arthrose et, si nécessaire, une IRM pour évaluer les structures cartilagineuses et méniscales.
Peut-on réduire les craquements ?
Si les craquements sont liés à l'arthrose, l'objectif est de ralentir l'usure et de maintenir la mobilité :
- Exercices de renforcement : un quadriceps fort stabilise l'articulation et réduit les frictions anormales
- Activité physique à faible impact : vélo, natation, marche
- Maintien d'un poids santé : moins de charge = moins de friction
- Viscosupplémentation : l'acide hyaluronique améliore la lubrification articulaire
- Alimentation riche en oméga-3 : action anti-inflammatoire bénéfique
Dans tous les cas, ne laissez pas la peur des craquements vous empêcher de bouger. L'activité physique adaptée reste le meilleur traitement pour préserver votre articulation.