Votre médecin vient de vous prescrire une arthrographie du genou et l'annonce de cet examen soulève naturellement des questions. Injection dans l'articulation, produit de contraste, passage au scanner ou à l'IRM… La procédure peut sembler impressionnante. Pourtant, c'est un examen de routine en imagerie médicale, pratiqué depuis des décennies et remarquablement efficace pour explorer les structures internes du genou avec une précision que les examens classiques ne peuvent pas toujours atteindre.
Qu'est-ce qu'une arthrographie du genou ?
L'arthrographie est un examen d'imagerie médicale qui consiste à injecter un produit de contraste directement dans la cavité articulaire du genou, puis à réaliser des images en coupe par IRM (arthro-IRM) ou par scanner (arthroscanner). Le produit de contraste se répartit dans l'articulation et « tapisse » les structures internes, les rendant beaucoup plus visibles et permettant de détecter des anomalies subtiles.
L'examen se déroule en deux temps :
- L'injection : sous contrôle radiographique ou échographique, le radiologue injecte le produit de contraste dans le genou
- L'imagerie : le patient passe immédiatement un scanner ou une IRM pour acquérir les images détaillées
La durée totale de la procédure est de 30 à 45 minutes, injection et imagerie comprises. L'examen se fait en ambulatoire, sans hospitalisation.
Dans quels cas est-elle prescrite ?
L'arthrographie est indiquée lorsque les examens classiques (radiographie, échographie, IRM simple) ne suffisent pas à poser un diagnostic précis. Elle est prescrite dans plusieurs contextes :
Diagnostic des lésions internes
- Lésions méniscales complexes : déchirures partielles, lésions horizontales ou radiales difficiles à visualiser sur une IRM standard
- Fissures cartilagineuses : altérations superficielles du cartilage que l'arthrographie permet de détecter avec une précision supérieure
- Lésions ligamentaires : en particulier des ligaments croisés, pour évaluer leur intégrité
- Corps étrangers intra-articulaires : fragments de cartilage ou d'os libres dans l'articulation
- Anomalies de la membrane synoviale : épaississement, inflammation
Bilan post-opératoire
L'arthrographie est fréquemment prescrite pour évaluer les résultats d'une intervention chirurgicale :
- Contrôle après suture méniscale ou méniscectomie
- Évaluation après reconstruction ligamentaire
- Vérification de l'intégration d'une prothèse partielle
Préparation d'une intervention
L'arthrographie aide à planifier une arthroscopie ou à guider une infiltration thérapeutique ciblée.
Comment se déroule l'examen ?
Préparation
- Pas de jeûne nécessaire (sauf consigne particulière du centre)
- Signaler toute allergie connue (produits iodés, gadolinium)
- Signaler tout traitement anticoagulant
- Ne pas appliquer de crème sur le genou le jour de l'examen
- Porter des vêtements confortables
L'injection
Le patient est installé allongé, genou légèrement fléchi. Après une désinfection rigoureuse et la mise en place de champs stériles, le radiologue réalise une anesthésie locale au point de ponction. Une aiguille fine est ensuite introduite dans la cavité articulaire sous contrôle radiographique ou échographique.
Le radiologue injecte un faible volume de produit de contraste — iodé pour l'arthroscanner, gadoliné pour l'arthro-IRM. Ce produit se répartit dans les différents recoins de l'articulation, délimitant précisément les contours des ménisques, du cartilage, des ligaments et de la capsule articulaire.
L'imagerie
Immédiatement après l'injection, le patient est conduit en salle de scanner ou d'IRM. Les images sont acquises selon un protocole spécifique au genou. Le radiologue analyse les clichés et rédige un compte-rendu détaillé, généralement disponible sous 24 à 48 heures.
L'arthrographie est-elle douloureuse ?
L'examen est bien toléré grâce à l'anesthésie locale. La sensation lors de l'introduction de l'aiguille est comparable à celle d'une prise de sang. Au moment de l'injection du produit de contraste, une légère sensation de pression ou de tension peut être ressentie dans le genou — elle est brève et disparaît rapidement.
Dans les heures qui suivent, une gêne temporaire (raideur, sensation de « genou plein ») est fréquente mais sans gravité. Elle se résout spontanément en quelques heures. L'application de glace et un antalgique léger suffisent si nécessaire.
Arthrographie et arthrose du genou
Dans le cadre de la gonarthrose, l'arthrographie apporte des informations complémentaires précieuses :
- Évaluation fine de l'état du cartilage : détection de fissures, d'amincissement ou d'ulcérations que la radiographie seule ne peut pas visualiser
- Recherche de lésions méniscales associées, fréquentes dans l'arthrose et pouvant nécessiter un traitement spécifique
- Détection de corps étrangers cartilagineux libres dans l'articulation
- Bilan pré-opératoire avant une ostéotomie ou la pose d'une prothèse
L'arthrographie n'est cependant pas systématiquement nécessaire dans le bilan d'une arthrose : la radiographie standard et l'IRM suffisent dans la majorité des cas. L'arthrographie est réservée aux situations où un diagnostic plus précis est nécessaire.
Après l'examen
- Reprise d'activité : possible le jour même ou le lendemain. Éviter les efforts intenses pendant 24 heures
- Conduite : possible si le patient se sent à l'aise
- Effets transitoires : légère raideur ou gêne pendant quelques heures, sans conséquence à moyen terme
- Résultats : transmis au médecin prescripteur pour orienter la prise en charge (traitement médical, kinésithérapie, arthroscopie, etc.)